Fiche rapide · Imagerie digestive

Adénocarcinome canalaire du pancréas

Imagerie, protocoles, bilan d'extension et résécabilité.

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IIntroduction & anatomopathologie

  • Tumeur solide pancréatique la plus fréquente ; 2e tumeur digestive maligne après le cancer colorectal.
  • 90 % des tumeurs malignes primitives exocrines sont canalaires.
  • Mauvais pronostic : survie à 5 ans voisine de 5 % ; découverte tardive dans environ 80 % des cas.
  • Seul traitement curatif : chirurgie.

Siège

Tête60-70 %
Corps20 %
Queue10 %

IIMoyens d'exploration

1

Échographie

Place : 1re intention devant douleur abdominale ou ictère ; très bonne détection de la dilatation biliaire.

Limites : opérateur-dépendante ; obésité et gaz ; queue mal étudiée ; faible sensibilité si tumeur < 2 cm.

2

TDM

Place : examen de choix des masses solides et du bilan d'extension loco-régional et à distance ; rapide et standardisée.

Limites : irradiation ; injection iodée.

3

IRM

Place : plus sensible pour petites tumeurs et métastases hépatiques ; meilleure étude canalaire.

Limites : moins disponible ; plus longue ; apnées.

Points techniques : T1 EG FatSat ; T2 ; diffusion ; cholangio-wirsungo-IRM ; dynamique 35 s, 70 s et 5 min.

4

Écho-endoscopie

Place : 3e intention ; petites lésions, parfois infra-centimétriques ; ponction-biopsie transduodénale.

Limites : invasive.

5

CPRE, TEP

CPRE : rôle thérapeutique palliatif (prothèse biliaire) ; diagnostic supplanté par la cholangio-IRM.

TEP : intérêt initial non clairement démontré ; recherche de localisations à distance chez l'opéré ; coûteuse et peu disponible.

IIIProtocoles & indications ciblées de l'IRM

Protocole TDM pancréatique

  1. J-15 min
    Préparation : ingestion de 500 mL d'eau 15 minutes avant pour distendre le duodénum.
  2. Sans inj.
    Sans injection : calcifications ; lésions hépatiques pour évaluer un éventuel rehaussement.
  3. Iode
    Injection iodée 1,5-2 mL/kg, débit 3-5 mL/s.
  4. ≈ 45 s
    Temps pancréatique : contraste maximal tumeur-parenchyme pancréatique et bilan artério-veineux.
  5. ≈ 70 s
    Temps portal : foie et cavité abdomino-pelvienne, + bilan veineux ; compléter par l'étage thoracique.
  6. Post-ttt
    Reconstructions multiplanaires ; MIP pour les vaisseaux ; minIP pour les voies biliaires et le canal pancréatique.

Protocole IRM pancréatique

  • Axial T1 EG FatSat (pancréas normal en hypersignal).
  • Axial T2 TSE FatSat +/- sans FatSat.
  • Cholangio-wirsungo-IRM.
  • Diffusion (b0, b1000) avec cartographie ADC.
  • Séquence axiale T1 en écho de gradient FS dynamique aux temps artériel (35 s), portal (70 s) et tardif (5 min).

Indications ciblées de l'IRM

  • Suspicion de tumeur sur signes indirects en TDM sans masse visible.
  • Suspicion clinique ou biologique de lésion endocrine sécrétante non visible au scanner.
  • Nature solide ou kystique incertaine ; pancréatite focale versus cancer.
  • Tumeur jugée résécable en TDM : recherche de métastases hépatiques occultes, infra-cliniques et infra-scannographiques.

IVSémiologie radiologique

Signes directs = masse elle-même. Signes indirects = retentissement d'amont biliaire, wirsungien et parenchymateux.

Une tumeur isodense ou < 2 cm peut n'être révélée que par les signes indirects.

Échographie

Directs

Masse hypoéchogène, mal limitée, céphalique, déformant ou non la glande ; parfois invisible si < 2 cm.

Indirects

Wirsung > 3 mm ± atrophie d'amont ; dilatation des VBIH, VBEH et de la vésicule biliaire.

TDM

Directs

Masse surtout visible au temps pancréatique : hypodense, irrégulière ; tête globuleuse et perte de l'aspect effilé de l'uncus. Dans 10-15 %, masse isodense.

Indirects

Interruption brutale du Wirsung > 3 mm ; VBP > 7 mm (> 10 mm si sujet âgé ou cholécystectomisé) ; double canal ; atrophie et pseudokyste d'amont.

IRM

Directs

Hyposignal T1 ; iso- ou discret hypersignal T2 ; hypersignal diffusion avec ADC bas ; rehaussement périphérique progressif aux temps portal et tardif.

Indirects

Dilatation bilio-pancréatique et obstacle analysés en cholangio-wirsungo-IRM.

VBilan d'extension

1. Extension vasculaire

À rechercher pour le tronc cœliaque (TC), l'AMS, l'AHC, le tronc porte et la VMS : absence de contact ; contact ≤ ou > 180° ; déformation ; sténose ; thrombose / occlusion.

VaisseauRésécableBorderlineNon résécable
AMS Pas de contact. Contact solide < 180°. Contact > 180°.
Tronc cœliaque Pas de contact. Contact tumoral solide ≤ 180°, OU contact tumoral solide > 180° sans impliquer l'aorte, court et reconstructible (uniquement pour les tumeurs du corps / queue). Contact > 180° non reconstructible ou contact avec l'aorte.
AHC Pas de contact. Contact < 180° ou > 180° sans extension au TC ni à la bifurcation hépatique ; segment reconstructible. Extension au TC ou à la bifurcation hépatique.
VP / VMS Pas de contact ou contact < 180° sans irrégularité. Contact > 180° ; ou ≤ 180° avec irrégularité ; ou thrombose courte avec segments sains proximal et distal permettant une reconstruction. Occlusion / atteinte sans reconstruction possible ; atteinte des veines jéjunales proximales.

Critère pronostique et d'opérabilité majeur.

2

Lame rétro-porte

Infiltration du plan cellulo-graisseux situé derrière VMS / tronc porte, entre uncus et AMS ; marge à haut risque R1.

Point de vigilance : son infiltration annonce un risque très élevé de marge R1 et peut faire proposer un statut borderline ou une stratégie néoadjuvante. Elle n'est pas, à elle seule, une impossibilité technique absolue de résection en l'absence d'atteinte artérielle non résécable.

3

Organes de voisinage

Duodénum, estomac, mésocôlon : perte du plan graisseux de séparation ; envahissement pariétal direct.

Résection en bloc parfois possible.

4. Extension ganglionnaire

Ganglions péri-pancréatiques, péri-portaux, mésentériques.

Critères de malignité

  1. Taille > 10 mm de petit axe
  2. Morphologie sphérique sans hile graisseux > 5 mm
  3. Contours flous, rupture capsulaire avec graisse infiltrée
  4. Hétérogénéité ou nécrose

Ganglions péri-pancréatiques → n'excluent pas la résection

Ganglions à distance (hile hépatique / mésentérique / rétro-péritonéal) → excluent la résection

Performance de la TDM limitée pour l'analyse ganglionnaire.

5. Extension à distance

  • Métastases hépatiques, péritonéales, pulmonaires ou ganglionnaires à distance.
  • IRM supérieure à la TDM pour les métastases hépatiques. Toute métastase = non résécable.

VIBilan de résécabilité

Résécable

Résection R0 attendue.

Critères : pas de métastase ; pas d'envahissement artériel TC / AMS / AHC ; contact VP / VMS absent ou < 180° sans déformation.

→ Chirurgie d'emblée.

Borderline

Potentiellement résécable mais risque élevé de R1 / R2.

Critères : contact artériel limité ou atteinte veineuse reconstructible.

→ Traitement néoadjuvant puis réévaluation.

Non résécable

Résection R0 impossible.

Critères : engainement artériel majeur / non reconstructible ; atteinte veineuse non reconstructible ; métastases.

→ Traitement palliatif ou néoadjuvant selon contexte.

VIIVariantes vasculaires à signaler

!

Sténose du tronc cœliaque

Par le ligament arqué ou une plaque d'athérome : perfusion hépatique, gastrique et splénique pouvant dépendre de l'AMS via l'AGD ; sa ligature pendant la DPC expose à l'ischémie / nécrose.

Voir les images en annexe →

!

Artère hépatique droite issue de l'AMS

À trajet rétro-portal : risque d'envahissement tumoral et de lésion iatrogène lors de la dissection de la lame rétro-porte.

AAnnexe · Cas & images

Cas clinique

Homme de 63 ans, adénocarcinome canalaire du pancréas.

Cas annoté · 4 signes typiques en TDM et IRM · variante du tronc cœliaque · diagnostics différentiels

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Synthèse centrée sur l'adénocarcinome canalaire — RadiologicHub

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