2e cancer digestif ; 30 % des cancers colorectaux.
Diagnostic clinique et anatomopathologique → diagnostic positif : biopsie par endoscopie.
Mauvais pronostic : risque de récidive locale / métastase à distance.
But de l'imagerie : bilan d'extension pour adapter le traitement → éviter les récidives et être le moins mutilant possible.
IRM +++ pour les cancers du bas et du moyen rectum.
IIImagerie dans le bilan pré-thérapeutique
Les indications thérapeutiques dépendent du bilan initial d'imagerie.
1
TDM-TAP
Bilan d'extension à distance / bilan local des tumeurs du haut rectum.
2
± IRM hépatique
En complément pour le bilan hépatique.
3
Écho-endoscopie
Tumeurs superficielles : T1 (sous-muqueuse) et T2 (musculeuse).
Limites : T4 et grosses tumeurs (marge latérale).
4
IRM du rectum
Bilan d'extension local du rectum sous-péritonéal (moyen et bas rectum) en vue d'indiquer un traitement néoadjuvant.
IIIRappel anatomique
Rectum : longueur moyenne de 15 cm
2 portions : péritonéale et sous-péritonéale.
3 parties, mesurées à partir du faisceau pubo-rectal du muscle releveur de l'anus ou à partir de la marge anale (longueur du canal anal variable : moyenne de 3 cm).
PartieDepuis le faisceau pubo-rectalDepuis la marge anale
Haut> 7 cm> 10 cm
Moyen2-7 cm5-10 cm
Bas< 2 cm< 5 cm
M
Mésorectum
Graisse + structures vasculo-nerveuses.
Délimité par le fascia mésorectal, formé par le fascia recti en dedans et le fascia pelvis en dehors.
F
Les fascias
Fascia recti : bande en hyposignal T2 qui entoure le mésorectum ; barrière à la croissance tumorale.
Sous le cul-de-sac de Douglas, le feuillet péritonéal se prolonge par la cloison recto-vaginale chez la femme et par l'aponévrose de Denonvilliers chez l'homme.
Externe + interne : ils délimitent un espace inter-sphinctérien.
IVTechnique IRM
Antenne en réseau phasé
Pas de préparation du rectum
Gel intra-rectal non recommandé, sauf pour la DWI
Centré sur le pelvis : la marge anale et 5 cm au-dessus du bord supérieur de la tumeur
3 plans T2 FSE
S
Sagittal
Repérer la tumeur et positionner les plans de coupes HR.
Localisation et étendue de la tumeur.
Marge de résection longitudinale.
A
Axial
Coupes fines perpendiculaires à l'axe de la tumeur.
Extension pariétale et invasion extra-murale EMS (T3 et T4).
Marge de résection circonférentielle (CRM).
Ganglions.
C
Coronal
Coupes fines parallèles à l'axe de la tumeur.
Marge longitudinale.
Ganglions.
Bas rectum
Au moins un plan coronal T2 parallèle au canal anal si tumeur du bas rectum.
DWI
Diffusion b 500 + b 1000 axiale perpendiculaire au plan de la tumeur : aide à repérer la tumeur et détecter les ganglions ; diagnostic différentiel avec des pathologies inflammatoires (ADC) ; évaluation post-traitement (résidu tumoral / fibrose).
Ganglions
Axial T2 strict jusqu'aux reins : ganglions.
± Gado
T1 FAT SAT Gado 3D : si bas rectum → sphincters ; si T4 → envahissement des organes de voisinage.
Linite rectale : forme infiltrante particulière, primitive (rare) ou secondaire (à une linite gastrique…).
Infiltration pariétale circonférentielle modérée.
T2 : bonne différenciation des différentes couches de la paroi rectale.
Rehaussement de type fibreux : précoce de la muqueuse et sous-muqueuse, puis tardif de l'ensemble de la paroi +++.
Fibrose péri-tumorale : réaction desmoplastique.
2
Forme villeuse
3
Forme polypoïde
4
Forme mucineuse ou colloïde
Hypersignal T2.
Mauvais pronostic : moins chimio-sensible, plus de récidives.
Formes tumoralesCoupes sagittale et axiale T2 illustrant l'aspect morphologique de la tumeur (illustration du cours).
2. Siège et mesure
Par rapport à la marge anale ou au faisceau pubo-rectal du muscle releveur de l'anus : haut / moyen / bas rectum.
Si tumeur à cheval entre deux segments : c'est le pôle inférieur de la tumeur qui définit le segment rectal concerné.
Pour le haut rectum : par rapport au cul-de-sac de Douglas → péritonisé ou sous-péritonéal.
Antérieure / postérieure / latérale droite ou gauche.
Envahissement de la circonférence : ¼, ½ ou ¾ circonférentielle + rayon horaire.
Mesure de la tumeur dans les 3 plans.
3. Staging T : extension pariétale
Tx non évaluable
T0 pas de tumeur
Tis carcinome in situ
T1 · Sous-muqueuse
Tumeur que l'on peut à tout endroit différencier de la couche musculaire de la paroi rectale.
La musculeuse : bande en hyposignal T2 intense.
Stade T1Tumeur séparée sur toute sa circonférence de la musculeuse, qui reste en hyposignal T2 intense.
T2 · Musculeuse
Couche musculaire envahie sans infiltration de la graisse du mésorectum.
Stade T2Envahissement de la musculeuse, graisse mésorectale respectée.
T3 · Mésorectum
Envahissement du mésorectum.
Piège : discontinuité de la musculeuse (vaisseaux perforants) et spiculations péri-rectales : spicules non tumorales (réaction desmoplastique bénigne) ou tumorales.
Stade T3Extension tumorale dans la graisse du mésorectum (têtes de flèche orange).
T4 · Au-delà du fascia recti
Envahissement du fascia recti avec envahissement du péritoine viscéral (T4a) ou des organes de voisinage (T4b).
Staging TT1 sous-muqueuse, T2 musculeuse, T3 mésorectum, T4 organes de voisinage.
L'IRM a tendance à sous-estimer les stades T1-T2 et à surestimer les stades T3-T4.
Invasion extra-murale (EMS)
= importance de l'extension tumorale dans la graisse péri-rectale à partir de la couche musculaire pariétale.
T3 faible
T3a< 1 mm
T3b1-5 mm
T3 fort
T3c5-15 mm
T3d> 15 mm
Marge circonférentielle (CRM)
= la plus petite distance entre la tumeur et le fascia du mésorectum.
Peut être mesurée pour les tumeurs T1 et T2, mais utile surtout pour les tumeurs T3.
Ne s'applique pas aux tumeurs situées au-dessus du péritoine.
Les ganglions doivent être pris en compte si on est sûr de leur caractère tumoral.
Peut être calculée sur une spicule à l'anatomopathologie, mais pas en IRM.
CRM envahie si < 1 mm · facteur pronostique majeur
CRM et EMS · tumeur T1CRM (vert) mesurée jusqu'au fascia recti ; distinction ganglion suspect / non suspect.CRM et EMS · tumeur T3EMS (jaune) mesurée depuis la musculeuse ; CRM (vert) jusqu'au fascia recti.Exemple de mesureMesure sur coupe axiale (1,64 cm), illustrant l'évaluation de l'extension dans le mésorectum.
Marge de résection longitudinale
Distance du bord inférieur de la tumeur au bord supérieur du sphincter anal, en précisant la longueur du canal anal.
4. Cas particulier : bas rectum
Coronales T2 et T1 fat sat Gado sur le canal anal.
Marge latérale
CRM mesurée par rapport au plan de clivage entre le faisceau ilio-coccygien et la tumeur.
> 1 mm ou < 1 mm.
Marge distale
Sphincter interne (SI), sphincter externe (SE).
Infiltration de l'espace inter-sphinctérien.
CRM au bas rectumCoupe coronale T2 sur le canal anal : marge latérale (CRM) mesurée par rapport au plan de clivage avec le faisceau ilio-coccygien.
Même protocole qu'en pré-thérapeutique : diffusion +++.
Apport de la diffusion
Aide à la distinction entre résidu tumoral et fibrose cicatricielle au sein d'un épaississement résiduel post-RCT.
Un ADC élevé est corrélé à une diminution de la cellularité et à la réponse tumorale.
Améliore l'évaluation de la CRM.
Améliore la détection des ganglions, mais pas leur caractérisation (trop petits pour une mesure fiable de l'ADC).
Limite : les formes mucineuses ont un ADC non diminué.
Critères recommandés par le groupe MERCURY
Aspect morphologique de la tumeur, y compris zones de mucine ou de nécrose
Hauteur tumorale par rapport à la marge anale
Longueur tumorale : down-sizing
Grade de régression tumorale IRM (mrTRG)
Extension extramurale maximale (tumeur et zones de fibrose)
Staging pariétal : stade T, downstaging
Évaluation des marges de résection
Envahissement veineux extra-mural (EMVI)
Staging ganglionnaire : down-staging N
1. Aspect de la tumeur : 3 types de réponse + l'œdème
Réponse fibreuseStroma fibreux en hyposignal T2, similaire au signal de la musculeuse.Résidu tumoral au sein de la fibrose : signal intermédiaire.Réponse desmoplastiqueFines spicules hypointenses dans la graisse péri-rectale, irradiant à partir du résidu tumoral.Over-staging tumoral.Réponse colloïdeNécrose de la tumeur avec transformation colloïde ou mucineuse.Rend difficile l'évaluation du résidu ; impossible de distinguer colloïde acellulaire et pauci-cellulaire.À ne pas confondre avec les tumeurs mucineuses (hyperT2 sur l'IRM initiale).Œdème post-thérapeutiquePeut avoir un aspect pseudo-tumoral.Signal intermédiaire : inflammation de la sous-muqueuse adjacente à la tumeur.Risque de faux positif, mais cette zone est sus- ou sous-jacente à la tumeur (IRM initiale).
Résidu tumoralFibroseRéaction desmoplastique
T1HyposignalHyposignalHyposignal
T2Similaire à celui de la tumeur initialeHyposignalHyposignal
DiffusionHypersignalHyposignalHyposignal
GadoliniumPrise de contrastePDC si inflammatoirePrise de contraste
2. Grade de régression tumorale en IRM (mrTRG)
Calqué sur la classification anatomopathologique de Dworak. Repose sur la modification du signal tumoral et le développement de plages de fibrose en hyposignal T2 ou de mucine en hypersignal T2.
TRG 1Réponse radiologique complète : absence de signal tumoral.
TRG 2Bonne réponse : prédominance de fibrose ou mucine avec minime résidu de signal tumoral.
TRG 3Réponse modérée : > 50 % fibrose ou mucine et persistance de signal tumoral.
TRG 4Réponse faible : tumeur > fibrose ou mucine.
TRG 5Absence de modification par rapport à l'IRM pré-thérapeutique.