Objectifs : connaître le protocole IRM de cartographie et de caractérisation des myomes ; rappeler la classification FIGO ; connaître la sémiologie IRM du myome simple, les dégénérescences et remaniements, et les arguments en faveur d'un sarcome utérin.
IGénéralités
Le myome
Pathologie bénigne de l'utérus.
Tumeur faite de cellules musculaires lisses et de tissu fibreux conjonctif.
Fréquente : 25 % des femmes en période d'activité génitale.
Hormono-dépendante : augmente de taille pendant la grossesse, involue après la ménopause.
Caractérisation tissulaire : myome simple, remanié, en dégénérescence.
Diagnostic différentiel : sarcome utérin.
Lésions associées : adénomyose, endométriose…
Bilan préthérapeutique.
Protocole IRM
Séquences
Réalisation
T2
3 plans T2.
T1
T1 sans et avec suppression du signal de la graisse.
Diffusion
b0 et b1000, avec cartographie ADC.
Injection
± T1 après injection de chélates de gadolinium (si myome atypique).
IIICartographie : classification FIGO
Initialement décrite en échographie, la classification FIGO s'utilise aussi en IRM : elle décrit la position du myome par rapport à la muqueuse et à la séreuse, ce qui oriente le choix thérapeutique.
Catégorie
Type
Description
Sous-muqueux
0
Intracavitaire pédiculé
1
< 50 % intramural
2
> 50 % intramural
Interstitiel
3
Intramural au contact de la muqueuse
4
Intramural
Sous-séreux
5
> 50 % intramural
6
< 50 % intramural
7
Pédiculé
Autres
8
Autres localisations : col (cervical), ligament large…
Mixte (transmural)
2-5
Sous-muqueux type 2 et sous-séreux type 5
Vue sagittale d'un utérus antéversé. Du type 0 au type 7, le myome s'éloigne de la cavité vers la séreuse ; le type 2-5 traverse toute la paroi.
Type 7 (sous-séreux pédiculé) : mesurer la largeur du pédicule pour évaluer le risque de torsion.
Type 2-5 (transmural) : noter l'encorbellement vasculaire autour du myome.
L'outil FIGO de la page Comptes rendus place chaque myome sur ce schéma (paroi, niveau, profondeur selon le type), applique l'arbre décisionnel IRM et rédige le texte.
IVMyome utérin simple (non remanié)
Morphologie
Masse arrondie, aux contours circonscrits.
T2
Hyposignal T2.
T1
Isosignal T1 par rapport au myomètre.
Diffusion
Hyposignal en diffusion b1000.
Après injection
Rehaussement homogène et parallèle au myomètre.
VDégénérescences des myomes
Quatre types : hyaline, kystique, myxoïde et nécrobiose aseptique (« red degeneration »).
Dégénérescence hyaline
La plus fréquente : jusqu'à 60 % des myomes.
IRM : hyposignal T2, absence de rehaussement après injection.
Après embolisation : le myome est dévascularisé, ne se rehausse plus et prend l'aspect d'une dégénérescence hyaline.
Dégénérescence kystique
Échographie : myome hétérogène avec portions anéchogènes.
IRM : hypersignal T2, pas de rehaussement des portions kystiques.
Dégénérescence myxoïde
Rare.
IRM : hétérogène, isosignal T1, portions en hypersignal T2 qui se rehaussent après injection, pas de restriction de la diffusion.
Attention : une dégénérescence myxoïde peut s'observer dans un léiomyosarcome : vérifier l'absence de signe de malignité.
Nécrobiose aseptique
Contexte de douleurs pelviennes.
IRM : hypersignal T1 diffus ou périphérique, signal T2 variable, pas de rehaussement.
VIRemaniements des myomes
1
Hémorragique
IRM : hypersignal T1, persistant après suppression du signal de la graisse.
2
Lipoléiomyome
Remaniement graisseux, parfois considéré comme une variante histologique.
Écho : hyperéchogène, atténuation postérieure, peu vascularisé en Doppler couleur.
TDM : masse bien limitée de contenu graisseux.
IRM : hypersignal T1 et T2, hyposignal T1 Fat Sat.
3
Myome calcifié
TDM : calcifications périphériques.
IRM : absence de signal périphérique sur l'ensemble des séquences.
Hypersignal, avec ADC < 0,8 × 10⁻³ mm²/s (signe non toujours présent)
VIIIArbre décisionnel et messages à retenir
On part du signal T2 du myome, puis du rehaussement ou du signal T1, et en signal T2 intermédiaire de l'ADC. Survolez une case pour suivre son chemin ; un clic mène à la partie de la fiche.