IIStratégie diagnostique : échographie, IRM et cytoponction
Échographie
Pas en première ligne
Elle ne différencie pas de façon fiable lésion kystique et tissulaire, ne permet pas la caractérisation et explore mal le lobe profond et l'espace parapharyngé.
Lésion superficielle : intraglandulaire ou sous-cutanée ?
Reconnaître l'architecture ganglionnaire normale.
La cytoponction à l'aiguille fine doit être échoguidée ++.
IRM avant la ponction
Ordre des examens
Faire l'IRM avant la cytoponction : la ponction peut saigner, créer un hypersignal T1 et fausser la caractérisation.
Avant d'interpréter (checklist)
Localisation ; lésion solitaire, multiple ou bilatérale.
Taille, contours, lobulations, composante solide.
Diagramme : IRM + cytoponction (FNAC) dans la prise en charge
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IRM puis cytoponction (FNAC)
IRM et FNAC concordantes
Lésion bénigne à potentiel de transformation, ou malignité intermédiaire / haute
Chirurgie
Warthin ou lésion kystique
Suivi clinique
Discordance
retenir le critère le plus péjoratif
Chirurgie
Faible certitude technique
Chirurgie
SurveillanceChirurgie
Règle de sécurité
Toute discordance est arbitrée par le critère le plus péjoratif : retenir l'orientation maligne.
IIIProtocole IRM et morphologie
Séquence
Analyse
Axial FSE T1
Localisation, limites et lobulations, hypersignal spontané ; impérativement avant la cytoponction.
Axial FSE T2 sans FS
Signal par rapport à la glande ; reflet de la cellularité.
Diffusion b0 / b1000
ADC de la lésion, mesuré par une ROI sur la composante solide.
Perfusion
ROI sur la composante solide présumée ; courbe dynamique.
T1 après gadolinium, tardif
Axial ± coronal si nécessaire, 5 à 10 min après la perfusion.
T1 axial FSE
Morphologie : confirmer la localisation intraglandulaire, superficielle ou profonde ; décrire l'étage, les contours (bien ou mal définis) et les lobulations.
Distinguer une tumeur parotidienne d'un ganglion subdigastrique ou d'une lésion de l'espace carotidien.
Hypersignal T1 : contenu protéique ou hémorragique ; possible spontanément dans une tumeur de Warthin.
T2 axial sans Fat Sat
Pourquoi sans FS ?
Le signal tumoral se compare au parenchyme normal et dépend de la cellularité. Avec Fat Sat, les lésions paraissent toutes hyperintenses.
Signal T2 (sans FS) et orientation
BéninTrès hyperintenseAP, parfois multiloculé avec capsule.
IntermédiaireIso ou peu hypointenseAP cellulaire ou tumeur de grade intermédiaire.
MalinHypointenseMalignité.
Limite
Le T2 oriente mais ne suffit jamais seul : intégrer diffusion, perfusion et morphologie.
IVDiffusion et perfusion
Diffusion : où placer la ROI
Dans la portion solide : rehaussée et plutôt hypoT2.
Éviter sang et contenu protéique : exclure les zones hyperT1.
Mesure : ADC de la lésion elle-même, en × 10⁻³ mm²/s.
Perfusion : où placer la ROI
Choix limité de coupes, et non récupérable si la ROI est mal placée.
ROI uniquement sur une composante solide présumée hypoT2, hors zones hémorragiques.
ADC de la lésion : seuils publiés
← faites glisser →
Seuils de Pietragalla et al. (Radiol Med 2020), qui lisent l'ADC avec la courbe de perfusion. Attention : l'ADC ne classe pas « du moins au plus malin », le Warthin (0,8 à 1,2) chevauche le carcinome et le lymphome (< 0,7) est le plus bas : entre 0,8 et 1,4, la courbe tranche.
ADC de la lésion (× 10⁻³ mm²/s) + courbe
Orientation (Pietragalla 2020)
≥ 1,4 + courbe A
Tumeur bénigne (adénome pléomorphe) : association observée uniquement dans des tumeurs bénignes. L'AP cellulaire peut descendre jusqu'à ≈ 1,2 : il chevauche alors la zone des carcinomes, la courbe et la morphologie tranchent.
Tumeur de Warthin : ADC bas + courbe B, précision 94,6 % dans l'étude. Ne descend jamais sous 0,8 ; peut monter jusqu'à 1,2, donc chevauche le carcinome : la courbe tranche.
< 0,8
Pas un Warthin : versant malin.
< 0,7 + courbe C
Lymphome.
À retenir
La tumeur de Warthin a souvent un ADC bas, en général plus bas que les carcinomes, mais avec un chevauchement important ; le lymphome est encore plus bas. Un ADC bas ne suffit donc ni à affirmer ni à éliminer la malignité : l'ADC se lit avec la courbe de perfusion et la morphologie. Le seuil d'ADC qui sépare l'adénome pléomorphe des tumeurs malignes varie selon les études (1,27 à 1,6). Moyennes publiées : AP ≈ 1,9 à 2,0 ; Warthin ≈ 0,9 à 1,0 ; malins ≈ 1,0 à 1,3.
Signal dans la ROI en fonction du temps, de l'injection à la fin de l'acquisition (5 min). Le pic précoce survient dans les 120 premières secondes (zone jaune). Le wash-out se mesure par rapport à la prise de contraste au pic : un wash-out de 30 % correspond à la ligne « 30 % sous le pic ».
← faites glisser →
A monte sans pic précoce (Tpeak > 120 s) · B pic ≤ 120 s puis redescend sous la ligne « 30 % sous le pic » · C pic ≤ 120 s puis reste au-dessus de cette ligne.
AAscendante, Tpeak > 120 s
Sans pic précoce → AP myxoïde ou cellulaire.
BPic précoce, wash-out > 30 %
Warthin ; courbe la moins spécifique (aussi tumeur maligne ou AP).
CPic précoce, wash-out < 30 %
Tumeur maligne.
Repères de la littérature
Pic précoce : temps jusqu'au pic (Tpeak) ≤ 120 s ; au-delà de 120 s, pas de pic précoce (courbe A).
Wash-out : seuil de 30 %, sur une acquisition dynamique de 5 min ; il sépare la courbe B de la courbe C.
Dans une série récente : adénomes pléomorphes en courbe A sans wash-out, Warthin en courbe B (wash-out moyen 59 %), courbe C majoritaire dans les tumeurs malignes (54,5 %) mais aussi dans d'autres tumeurs bénignes.
Malignité +++VII intrapétreux si envahissement suspecté
BéninIncertain / à contrôlerMalin probable (C : le plus péjoratif)
Sans hypersignal T1 : courbe
Conclusion
A
Adénome pléomorphe myxoïde ou cellulaire.
B
Diagnostic incertain ; malin > bénin ; possible AP cellulaire.
C
Diagnostic incertain ; malin > bénin ; possible AP cellulaire.
Courbes B et C sans hypersignal T1
Même conclusion : plus malin que bénin, jamais une lésion à classer bénigne. À conclusion égale, la courbe C reste la plus péjorative. En cas de doute, on retient toujours le versant malin.
Séquences tardives après gadolinium
5 à 10 min après la perfusion ; apport faible à la caractérisation : surtout architecture interne et composante myxoïde.
Un rehaussement hétérogène n'est pas en soi un signe de malignité : possible composante myxoïde d'une tumeur bien différenciée.
Faible rehaussement : wash-out d'une tumeur de Warthin. Absence de rehaussement : AP très myxoïde.
Lésion infiltrante : malignité +++ ; si envahissement suspecté, suivre le trajet intrapétreux du VII.
Examen raccourci : diffusion et perfusion inutiles pour la caractérisation.
Objectif : détecter une récidive, surtout d'adénome pléomorphe, en s'affranchissant de la graisse.
Séquence clé : T2 avec Fat Sat.
Si récidive : repérer le nerf facial +++.
Compte rendu pratique
1Siège intraglandulaire ; superficiel ou profond ; solitaire, multiple ou bilatéral.
2Taille, contours, lobulations, composante solide ou kystique, infiltration.
3Signal T1 avant ponction ; signal T2 sans FS.
4Diffusion : ROI solide, ADC de la lésion et éventuelle exception Warthin.
5Perfusion : type A / B / C et wash-out.
6Concordance finale ; en cas de conflit, retenir le caractère péjoratif.
Profils à connaître
Adénome pléomorphe
T2
Très hyperT2
ADC
≥ 1,4 avec courbe A (souvent ≈ 2) ; AP cellulaire jusqu'à ≈ 1,2
Perfusion
Type A
Tardif
Possible absence de rehaussement si très myxoïde
Warthin
T1
Possible hyperT1
ADC
0,8 à 1,2 avec courbe B ; jamais < 0,8
Perfusion
Type B
Tardif
Faible rehaussement par wash-out
Tumeur maligne
T2
HypoT2 ou infiltration
ADC
0,9 à 1,4 avec courbe C ; lymphome < 0,7
Perfusion
Type C
Piège
Une courbe A ou B ne neutralise jamais une morphologie maligne
Synthèse décisionnelle
IRM avant FNAC
Morphologie
T2 sans FS
ADC
PerfusionA / B / C
Confrontation à la cytologie
Règle finale Si les critères discordent, le caractère péjoratif l'emporte.
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Abréviations
ADC coefficient apparent de diffusion · AP adénome pléomorphe · CAK carcinome adénoïde kystique · CCA carcinome à cellules acineuses · CME carcinome mucoépidermoïde · FNAC cytoponction à l'aiguille fine · FS / Fat Sat saturation de la graisse · FSE fast spin echo · ROI région d'intérêt · VII nerf facial.