Fiche rapide · Imagerie uro

Masses rénales kystiques : Bosniak 2019

Définitions, les cinq catégories en schémas, kyste hyperdense, rehaussement, pièges et conduite à tenir.

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IÀ savoir

  • Une masse kystique contient moins de 25 % de tissu rehaussé. Au-delà, c'est une masse solide : elle sort de la classification.
  • Hors Bosniak aussi : les lésions infectieuses, inflammatoires ou vasculaires et les syndromes héréditaires.
  • La version 2019 classe au scanner et en IRM, et donne une définition chiffrée de chaque terme.
  • On ne compte que ce qui se rehausse : paroi, cloisons et protrusions s'évaluent après injection.
  • Ordre de lecture : on cherche les critères de IV, puis III, IIF, II et enfin I ; la catégorie la plus haute atteinte l'emporte.

Le vocabulaire de 2019

TermeDéfinition
Paroi ou cloison fine≤ 2 mm
Discrètement épaissie3 mm, lisse
Épaisse≥ 4 mm
Peu / nombreuses cloisons1 à 3 / 4 ou plus
IrrégularitéProtrusion (bombement convexe) ≤ 3 mm à angle obtus
NoduleProtrusion ≥ 4 mm à angle obtus, ou protrusion à angle aigu, quelle que soit sa taille

IILes 5 catégories

Rein en gris, kyste en noir ; la paroi, les cloisons et la protrusion prennent la couleur de la catégorie.

I

Kyste simple · bénin

  • Paroi fine (≤ 2 mm) et lisse.
  • Liquide homogène : −9 à 20 UH au scanner, signal du LCR en IRM.
  • Ni cloison ni calcification.

Conduite : pas de suivi.

II

Kyste bénin

  • 1 à 3 cloisons fines (≤ 2 mm) ; calcifications de tout type.
  • Scanner, kyste homogène : −9 à 20 UH ou ≥ 70 UH sans injection ; > 20 UH sans rehaussement ; 21 à 30 UH au temps portal ; trop petit pour être caractérisé.
  • IRM, kyste homogène : hypersignal T2 ≈ LCR (sans injection) ou hypersignal T1 ≥ 2,5 × rein.

Conduite : pas de suivi.

IIF

À surveiller

  • Paroi lisse, discrètement épaissie (3 mm), rehaussée.
  • Une ou plusieurs cloisons lisses de 3 mm, rehaussées.
  • 4 cloisons fines ou plus, rehaussées.
  • IRM : hypersignal T1 hétérogène en saturation de graisse.

Conduite : contrôle à 6 et 12 mois, puis annuel jusqu'à 5 ans.

III

Malignité intermédiaire

  • Paroi ou cloison rehaussée épaisse (≥ 4 mm).
  • Ou irrégulière : protrusion rehaussée ≤ 3 mm à angle obtus, quelle que soit l'épaisseur.

Conduite : chirurgie ou surveillance active selon l'âge et les comorbidités.

IV

Malignité jusqu'à 90 %

  • Nodule rehaussé : protrusion ≥ 4 mm à angle obtus.
  • Ou protrusion rehaussée à angle aigu, quelle que soit sa taille.

Conduite : avis urologique.

IIIKyste hyperdense : Bosniak II

Un kyste hyperdense homogène reste un Bosniak II (bénin, sans suivi) s'il remplit l'un de ces critères :

  • Plus de 70 UH sans injection.
  • Hyperdense (vers 50 UH) sans rehaussement après injection (variation inférieure à 10 UH).
  • En IRM : hypersignal T1 avec un rapport de signal lésion / rein ≥ 2,5.

Volumineux (> 3 cm) et endophytique : IRM recommandée.

IVRehausse ou pas ?

Différence de densité entre le temps sans injection et le temps portal, mesurée au même endroit.

Différence (Δ)Interprétation
< 10 UHPas de rehaussement
10 à 19 UHZone grise : IRM conseillée
≥ 20 UHRehaussement
  • Sans injection, le rehaussement d'une paroi, d'une cloison ou d'une protrusion ne s'évalue pas : compléter par un scanner ou une IRM avec injection.
  • Rehaussement franc d'une lésion d'aspect homogène : penser à une masse solide.

VPièges

  • Cloison lisse de 3 mm rehaussée = IIF, pas III : le III commence à 4 mm ou à l'irrégularité.
  • Protrusion de 2 mm à angle aigu = IV : l'angle aigu fait le nodule, quelle que soit la taille.
  • Protrusion ≤ 3 mm à angle obtus = III (irrégularité), pas IV.
  • Les calcifications ne font pas monter la catégorie (II) ; épaisses ou nodulaires, elles masquent le rehaussement : IRM conseillée avant de classer.
  • Une structure qui ne se rehausse pas ne compte pas.
  • L'IRM reclasse environ 17 % des IIF du scanner en III.

VIConduite à tenir

I · IIBénin : pas de suivi.
IIFContrôle à 6 et 12 mois, puis annuel jusqu'à 5 ans. Une IRM peut précéder le premier contrôle.
IIIChirurgie (tumorectomie chez le patient jeune) ou surveillance active selon l'âge et les comorbidités.
IVMalignité jusqu'à 90 % : avis urologique.

Pourquoi surveiller un III ?

Beaucoup de lésions III sont des tumeurs kystiques multiloculaires bénignes ou de bas potentiel de malignité, souvent indolentes :

  • néphrome kystique (tumeur mixte épithéliale et stromale) ;
  • tumeur rénale papillaire à cellules claires ;
  • néoplasme kystique multiloculaire de bas potentiel de malignité ;
  • carcinome rénal éosinophile solide et kystique ;
  • carcinome tubulo-kystique.

Biopsie

À éviter devant une tumeur kystique, sauf s'il existe une composante tissulaire solide significative.

VIIÉléments à préciser au compte rendu

Cochez au fur et à mesure de votre lecture. Dans l'éditeur des comptes rendus, l'outil Bosniak rédige la description et la conclusion.

Lésion

Critères

Conclusion

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Cliquez sur une carte pour voir la réponse.

Synthèse du cours « Masses rénales kystiques » et de Silverman SG et al., Radiology 2019 (doi:10.1148/radiol.2019182646) — RadiologicHub

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